Month: octobre 2020

Texte enterrement - poème enterrement
Le testamour - Marc Soriano

Le testamour –  Marc Soriano (1918-1994) s’adresse dans un lumineux testament à sa fille Isabelle.

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Le testamour – Marc Soriano

croix de bois, croix de fer

T’ai-je vraiment promis de ne pas mourir ? A supposer que je me sois laissé arracher cette promesse, c’était pour t’empêcher de pleurer tel soir, c’était pour rire en somme.

 

Si je meurs, croix de bois, croix de fer, ce ne sera pas l’enfer, mais seulement dans une terre quelconque. Pourquoi ma mort serait-elle l’enfer pour toi ? J’ai tant aimé la vie, je t’ai tant aimée. Et je transformerais, moi, ta vie à toi en enfer ?

 

Je ne serai plus mais les choses et les gens que j’ai aimés avec toi resteront à tes côtés.

 

Cet amour, il était en toi, j’ai seulement essayé de le nourrir. Il est en toi comme une source de vie et ce feu ne s’éteindra pas quand je te quitterai.

 

Ma vie et ta force t’habiteront ; elles t’habitent déjà. Tu me portes de toutes tes forces ; si je meurs, je serai plus léger.

 

Après un temps de désarroi, tu apercevras que ce monde de chair et de larmes est aussi un monde de joie ; la beauté et l’amour y poussent partout par touffes. Laisse alors la vie t’envahir. Je ne te quitte pas ; je me suis confondu à cette partie de toi qui toujours s’émerveille.

 

« Pour Isabelle »

Le contexte dans lequel fut écrit le testamour

En 1978, Marc Soriano tombe gravement malade. Le philosophe français est alors frappé d’une maladie neuro-musculaire auto-immune. Il perd l’usage de la parole. Depuis son lit d’hôpital, il se lance dans une joyeuse correspondance métaphysique avec ses deux plus jeunes filles. Leurs échanges constituent le Testamour, sublime œuvre chorale autour de la vie, la mort et l’amour.

Pourquoi lire ce poème durant la cérémonie funéraire ?

A travers la voix du défunt qui s’exprime à son enfant, ce texte enterrement sera porteur d’optimisme et de résilience.

aria spiritualite le temps la vie

une fable symbolique sur la mort & l'impermanence de la vie

Cette fable remet en perspective combien le temps est précieux et l’importance à ne pas le gaspiller. La relation entre la spiritualité, le temps et la vie est intime. Car sans notre condition de mortel, serions-nous conscients de la richesse que représente l’instant présent ?

aria spiritualite le temps la vie

Imaginez que chaque jour, une banque vous ouvre un compte de 86 400
(que vous pourrez utiliser pour vous procurer tout ce que vous voulez par journée).

 

Simplement, il y a deux règles à respecter:

La première règle :

Tout ce que vous n’avez pas dépensé dans la journée vous est enlevé le soir.
Vous ne pouvez pas tricher, ne pouvez pas virer cet argent sur un autre compte,
vous ne pouvez que le dépenser….

mais chaque matin au réveil, la banque vous ouvre un nouveau compte, avec à nouveau 86400 pour la journée.

Deuxième règle :

La banque peut interrompre ce « jeu » sans préavis à n’importe quel moment : elle peut vous dire que c’est fini,  qu’elle ferme le compte et qu’il n’y en aura pas d’autre. Que feriez-vous ?
A mon avis, vous dépenseriez chaque euro pour vous faire plaisir.

Cette banque magique, nous l’avons tous, c’est le temps !

aria durée de la cérémonie laïque d'enterrement civil

Chaque matin, au réveil, nous sommes crédités de 86,400 secondes de vie pour la journée.
Et lorsque nous nous endormons le soir, il n’y a pas de report de journée.

Ce qui n’a pas été vécu dans la journée est perdu…. hier vient de passer.

Chaque matin, cette magie recommence.
Nous jouons avec cette règle incontournable :
la banque peut fermer notre compte à n’importe quel moment, sans aucun préavis.

 

A tout moment, la vie peut s’arrêter.

 

Alors qu’en faisons-nous de nos 86 400 secondes quotidiennes ?

Prenez-en conscience !!!

La vie est courte, même pour ceux qui passent leur temps à la trouver longue. André Maurois

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Le voilier - attribué à William Blake

Le voilier attribué à William Blake est un beau poème symbolique sur le passage sur l’autre rive.

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Le voilier – attribué à William Blake

Je suis debout au bord de la plage.
Un voilier passe dans la brise du matin,
et part vers l’océan.
Il est la beauté, il est la vie.
Je le regarde jusqu’à ce qu’il disparaisse à l’horizon.
Quelqu’un à mon côté dit : « il est parti !»

 

Parti vers où ?
Parti de mon regard, c’est tout !
Son mât est toujours aussi haut,
sa coque a toujours la force de porter
sa charge humaine.
Sa disparition totale de ma vue est en moi,
pas en lui.

 

Et juste au moment où quelqu’un prés de moi
dit : «il est parti !»
il en est d’autres qui le voyant poindre à l’horizon
et venir vers eux s’exclament avec joie :
«Le voilà !»

 

C’est ça la mort !
Il n’y a pas de morts.
Il y a des vivants sur les deux rives.

Le voilier a une origine malheureusement inconnue

 

Même s’il est attribué au célèbre peintre et poète pré-romantique britannique William Blake, l’origine du poème reste mystérieuse. En vérité, la source du texte dans sa version anglaise reste totalement inconnue. Impossible de retrouver dans quel ouvrage il serait paru.

 

Alors, qui en serait l’auteur ?  Au final, impossible de le dire qui l’a écrit parmi : Henry Van Dyke, Victor Hugo, le Colonel David Marcus (dans la poche duquel le poème aurait été retrouvé à sa mort durant la guerre israélo-arabe de 1948), le Dr Harold Blake Walker, l’évêque Charles Henry Brent ou encore les pasteurs Margaret Stevens ou Luther F. Beecher.

Pourquoi choisir ce poème pour une cérémonie funéraire ?

 

Ce texte enterrement offre une source d’espoir méditative avec l’image de ce voilier disparaissant vers l’horizon pour les uns mais faisant son apparition pour les autres.

 

Relativement court, sa simplicité et ses intonations apaisantes en font un choix pertinent pour une célébration d’obsèques ou d’hommage commémoratif. Il sera idéal pour la dispersion de cendres en mer.