Les yeux - Sully Prudhomme

Les yeuxSully Prudhomme écrit ce poème extrait du recueil La vie intérieure publié en 1865.

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Les yeux – Sully Prudhomme

Bleus ou noirs, tous aimés, tous beaux,
Des yeux sans nombre ont vu l’aurore ;
Ils dorment au fond des tombeaux,
Et le soleil se lève encore.

 

Les nuits, plus douces que les jours,
Ont enchanté des yeux sans nombre ;
Les étoiles brillent toujours,
Et les yeux se sont remplis d’ombre.

 

Oh ! qu’ils aient perdu le regard,
Non, non, cela n’est pas possible !
Ils se sont tournés quelque part
Vers ce qu’on nomme l’invisible;

 

Et comme les astres penchants
Nous quittent, mais au ciel demeurent,
Les prunelles ont leurs couchants,
Mais il n’est pas vrai qu’elles meurent.

 

Bleus ou noirs, tous aimés, tous beaux,
Ouverts à quelque immense aurore,
De l’autre côté des tombeaux
Les yeux qu’on ferme voient encore.

Pourquoi inclure ce poème à la cérémonie funéraire ?

Ce texte enterrement répond à la sensibilité des personnes en résonance avec le mystère de l’au-delà. Éloge au regard de l’âme, ce poème médite sur notre impermanence de mortel face à la pérennité de la nature. Car même si l’homme succombe tandis que la nature survit, n’y aurait-il pas de survie de l’âme après la mort ?

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